dimanche 25 janvier 2009

Les crapeaux et le lézard

fable

Bordant un chemin pierreux, une mare asséchée, encombrée de gros cailloux
abritait une colonie de crapauds se réunissant en chorale le soir venu.
Surnommé "l'aristo" par des crapauds un rien moqueurs, un splendide
spécimen mâle de lézard vert passait chaque jour à la même heure,ignorant,
avec une arrogance retenue, la colonie des boutonneux à l'allure aussi
peu élégante, alors que lui, sûr de sa valeur, vaquait à ses occupations
journalière.
Avait-il remarqué, ne serai-ce qu'une fois l'un de ses brocardeurs/admirateurs,
nul ne pouvait y croire, vu l'air lointain et détaché qu'il affichait constamment.
Pourtant , avec persévérance, les crapauds essayaient de le charmer en chantant
à tue tête à son passage, rien n'y faisait, la tête restait droite, le regard
fixe, aucune émotion visible.
Un soir, revenant d'une journée de chasse, l"aristo" passait le chemin,
orgueilleux comme à accoutumée, il ne remarqua pas le vacarme inhabituel
de la chorale, l'arrêt brutal dans son élan le remit brutalement dans
la réalité, sa queue écrasée, se détacha, paniqué il essaya de fuir,
relevant la tête, il vit arriver le sabot du cheval sans pouvoir échapper
à l'écrasement final, dans un gargouillis fatal il laissa sa dépouille
aux corbeaux déjà présents.
La consternation était visible chez les crapauds, eux qui croyaient, par
leur chant amplifié, l'avoir averti à temps.
Morale de l'histoire/ A trop faire l'aveugle, on devient sourd! gb alias picpuss

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